Cet été, s’offrir quelques jours ailleurs échappe à une part croissante de la population française. Sous pression, le budget des vacances rétrécit, tandis que le pouvoir d’achat dicte des arbitrages douloureux.
Selon une enquête publiée fin juillet 2026, 21 % des Français déclarent ne pas pouvoir voyager durant l’été. Au-delà des départs estivaux annulés, raccourcis ou calculés au centime près, une fracture se dessine selon le sexe, l’âge et le lieu de résidence. Pour nombre de foyers, la valise restera donc fermée.
Un Français sur cinq reste à quai cet été
SumUp a interrogé 1 013 adultes constituant un échantillon représentatif de la population française. Cette étude YouGov révèle que 21 % des répondants seront privés de voyage pendant l’été 2026, soit plus d’une personne sur cinq contrainte de rester chez elle pour des raisons budgétaires.
La pression sur le pouvoir d’achat modifie bien au-delà des seuls projets de départ. Au total, 32 % des Français ont annulé ou reporté un séjour, ou réduit leurs sorties au restaurant en 2026. Ce renoncement aux vacances, directement associé aux contraintes financières, témoigne d’un été placé sous le signe des restrictions.
Femmes, seniors et régions du Nord davantage touchés
Le risque de rester chez soi ne se répartit pas uniformément au sein de la population. Les femmes sont 26 % à ne pas partir, contre 16 % des hommes, révélant de nettes inégalités économiques. Les écarts entre les générations sont tout aussi marqués : 13 % des 18-24 ans renoncent, contre 26 % des 55 ans et plus.
Entre ces deux tranches d’âge, la part atteint 17 % chez les 25-34 ans comme chez les 35-44 ans. Les disparités territoriales creusent encore les écarts : 11 % des Parisiens restent à quai, contre 27 % dans le Nord-Ouest et 25 % dans le Nord-Est, pour une moyenne nationale de 21 %.
Partir malgré tout, quitte à réduire les dépenses quotidiennes
Les 25-34 ans multiplient les solutions pour préserver leur projet estival. Parmi eux, 27 % recherchent des revenus complémentaires, 35 % définissent précisément leur enveloppe et 16 % réduisent leurs dépenses courantes durant l’année. Ces arbitrages budgétaires financent le voyage sans fragiliser davantage le solde du compte bancaire.
Pour maintenir leur départ, certains Français adaptent plutôt la durée ou le confort de leurs vacances. Un séjour raccourci constitue la solution de 12 % des répondants. Parallèlement, 18 % voyagent avec une enveloppe réduite grâce à la recherche de bons plans, contre 22 % chez les 35-44 ans. Seuls 6 % dépensent librement, un taux qui atteint 10 % chez les 25-34 ans, 13 % à Paris et 3 % dans le Nord-Ouest.
Des budgets encadrés jusque pendant le séjour
L’encadrement des frais commence bien avant de boucler les valises. Quelque 35 % des Français établissent des limites de dépenses avant leur départ, une proportion portée à 40 % dans le Sud-Est, contre 28 % à Paris. Les femmes préparent davantage leur enveloppe que les hommes, avec 38 % contre 31 %, tandis que le taux descend à 26 % chez les 25-34 ans.
La vigilance budgétaire se prolonge sur le lieu de villégiature. Le suivi quotidien du budget concerne 31 % des 55 ans et plus et grimpe à 39 % dans le Sud-Ouest. Après le retour, 22 % compensent un éventuel dépassement en réduisant leurs dépenses après les vacances ; cette pratique touche 27 % des 25-34 ans.
Les jeunes actifs misent sur les outils bancaires numériques
À l’échelle nationale, seuls 8 % des Français réservent un compte à leurs voyages. L’usage d’un compte bancaire dédié atteint pourtant 19 % parmi les jeunes actifs de 25 à 34 ans, contre seulement 4 % chez les 55 ans et plus. L’écart territorial reste marqué, avec 13 % à Paris et 4 % dans le Nord-Est.
Les usages numériques dessinent ainsi une nette fracture selon l’âge et le lieu de résidence. La gestion financière numérique séduit davantage les 25-34 ans et les citadins, qui recourent aux alertes, à la catégorisation des achats et au suivi en temps réel. Ces fonctions rendent immédiatement visible l’enveloppe encore disponible pendant le séjour.
Ce que nous observons, c’est une génération qui prend le contrôle de son budget voyage avec des outils concrets comme les alertes, le suivi en temps réel ou l’absence de frais à l’étranger. La technologie financière ne doit pas promettre plus de liberté de dépense. Elle doit offrir plus de sérénité pour partir l’esprit tranquille.
Pierre Lion, Directeur Global des Ventes Entreprises chez SumUp
Frais bancaires et retraits gratuits arrivent en tête des attentes
La réduction des frais domine les priorités exprimées par les voyageurs français. Parmi les répondants, 76 % souhaitent des retraits gratuits à l’étranger et 75 % veulent éviter les commissions bancaires. L’assurance voyage et santé complète arrive derrière, citée par 68 % de l’échantillon et par 71 % des 35-44 ans.
Les attentes culminent parmi les personnes âgées de 25 à 34 ans. Dans cette tranche, 84 % réclament des paiements sans frais à l’international, tandis que 80 % privilégient une conversion automatique des devises au meilleur taux disponible. Les voyageurs recherchent ainsi des services bancaires lisibles, sans coûts imprévus, capables de simplifier chaque transaction réalisée hors de France.







