À l’automne 2026, les profondeurs océaniques investissent le Trocadéro, escortées de mystères, de légendes et d’énigmes. Cette exposition immersive parisienne fait dialoguer connaissances, mythes et créations au Musée national de la Marine rénové.
Du 14 octobre 2026 au 4 avril 2027, près de 280 pièces relieront l’Antiquité, la recherche scientifique, la littérature, le cinéma et l’art contemporain. Vous mesurerez combien l’univers des abysses, dont une infime fraction a été explorée, a façonné sirènes, pieuvres géantes et mondes engloutis, jusque dans la course aux ressources. Le noir demeure.
Un rendez-vous parisien du 14 octobre 2026 au 4 avril 2027
Du 14 octobre 2026 au 4 avril 2027, le Musée national de la Marine présentera « L’appel des profondeurs. Une aventure sous les mers de l’Antiquité à nos jours ». À Paris, l’exposition occupera le musée situé au 17, place du Trocadéro et du 11 Novembre, dans le 16e arrondissement.
Sciences, histoire et arts composeront un parcours immersif autour des abysses, dont seulement 0,001 % aurait été observé visuellement. Cette programmation culturelle automnale formera le point d’orgue d’un cycle de cinq expositions conçu par le Musée national de la Marine et déployé dans des villes françaises, afin de raconter les profondeurs sous différents regards.
Des mythes antiques aux premières expéditions scientifiques
Bien avant les campagnes savantes, les abysses inspiraient crainte, fascination et récits. Les récits mythologiques marins, nourris de monstres et de royaumes engloutis, ouvrent l’histoire des grands fonds. Les observations et les progrès techniques ont déplacé le regard, des croyances antiques vers l’étude de milieux froids, obscurs et soumis à une pression extrême.
L’année 1872 marque un basculement scientifique. Menée à bord d’une corvette britannique, l’expédition du HMS Challenger lance des campagnes consacrées aux profondeurs. Elle pose les bases de la recherche océanographique, stimule les découvertes et encourage la création d’instruments comme d’engins capables d’atteindre des zones jusque-là inaccessibles aux savants.
Que montrent les 280 pièces réunies au Trocadéro ?
Le parcours chronologique réunira 280 œuvres et objets venus de disciplines très différentes. Il associera des spécimens biologiques, des vestiges archéologiques, des manuscrits, des maquettes navales et des instruments scientifiques anciens. Des peintures, photographies, sculptures et installations contemporaines dialogueront avec ces témoins de l’exploration marine.
Cette abondance révèle la transformation des savoirs et des représentations attachées aux abysses. Les collections ethnographiques éclaireront cette lecture, tandis que quatre salles thématiques prolongeront le parcours. Elles évoqueront les récits fondateurs des profondeurs, la pieuvre, les mondes engloutis et la sirène, au croisement des observations scientifiques, croyances collectives et créations artistiques.
Cinéma, littérature et créatures marines alimentent l’imaginaire
Romans, illustrations et bandes dessinées ont donné aux abysses des visages mémorables. Publié en 1870, Vingt Mille Lieues sous les mers de Jules Verne, illustré par Alphonse de Neuville et Édouard Riou, conjugue précision technique et aventures fantastiques. La figure de la sirène, séduisante ou inquiétante, côtoie le mythe de la pieuvre, incarnation d’une mer inconnue.
L’écran a prolongé ces visions en transformant les profondeurs en territoires d’aventure et de rencontre. Créé en 1941, Aquaman relie pouvoirs héroïques et royaumes engloutis. Sorti en 1989, le film Abyss de James Cameron installe son intrigue au cœur des grands fonds, où surgit une présence mystérieuse. La fiction s’y nourrit alors des découvertes scientifiques sans dissiper l’émerveillement.
Les fonds marins entre exploitation industrielle et programmation nationale
Longtemps, les contraintes physiques des abysses ont freiné leur accès comme leur exploitation. Depuis 1960, la compétition géopolitique et commerciale accélère pourtant l’extraction des ressources marines, stimulée par la demande en minéraux destinés aux technologies de pointe. Monira Al Qadiri, Elsa Guillaume et Jonàs Forchini questionnent, chacun avec son langage, les enjeux écologiques sous-marins engendrés par ces activités.
L’étape parisienne clôt le cycle du Musée national de la Marine. Au sein du réseau des musées nationaux, Brest traite la cartographie des profondeurs, Rochefort l’invention des submersibles et Port-Louis les machines navales d’Henri Dupuy de Lôme. Toulon retrace le rôle historique du littoral méditerranéen dans la conquête sous-marine.







