Bali attire encore les foules, mais ses plages saturées, ses rizières congestionnées et ses villages sous pression laissent transparaître les limites d’un paradis converti en vitrine touristique.
Les voyagistes qui façonnent les itinéraires indonésiens voient monter les tensions écologiques, les conflits d’usages et la lassitude des habitants face aux flux internationaux. Les indicateurs, dont l’index du surtourisme, pointent désormais la surfréquentation touristique à Bali comme un risque pour le paysage, l’eau et la culture locale. Evaneos choisit d’assumer une véritable responsabilité collective du tourisme et transforme l’île en un laboratoire de transformation touristique ouvert à des expériences concrètes pour tester d’autres voyages durables.
Pourquoi Bali atteint un seuil critique de fréquentation
Le succès mondial de Bali concentre désormais une part démesurée des voyages en Indonésie, ce qui fatigue les infrastructures et les écosystèmes de l’île. Routes saturées, files devant les temples, services d’eau et de déchets sous tension composent le quotidien des habitants.
Pour Evaneos, ce diagnostic impose de revoir la manière d’orienter les voyageurs. Les images de plages saturées de plastique près de Kuta ou de Canggu illustrent la dérive d’un modèle tourné vers le court séjour. La flambée des loyers liée à la pression sur l’immobilier pousse au déplacement des populations locales vers l’intérieur de l’île.
Huit sites balinais retirés des promotions : lesquels et pour quel effet
Pour alléger la pression à Bali, Evaneos retire progressivement plusieurs lieux emblématiques de ses campagnes d’inspiration. Les temples, cascades et points de vue les plus exposés aux foules ne sont plus mis en avant par défaut dans les itinéraires standard.
Parmi eux figurent les rizières de Tegalalang, dont les passerelles peinent à absorber les groupes, ou le site sacré de Tirta Empul, saturé de visiteurs autour des bassins. Les falaises de Nusa Penida connaissent la même expérience visiteur dégradée, avec files, nuisances sonores et temps de visite raccourcis.
Réorienter les voyageurs vers Java, Lombok ou Sumatra sans déplacer le problème
Pour compenser ce retrait, Evaneos pousse des circuits plus variés qui associent Bali à Java, Lombok ou Sumatra. Les conseillers locaux élaborent des parcours mêlant villes, volcans et villages, avec un rythme pensé pour la découverte plutôt que pour le « tout faire ».
Java ou Sumatra deviennent alors bien plus que de simples extensions à un séjour balinais. Ces programmes privilégient des itinéraires sans la foule et améliorent la répartition géographique des flux dans l’archipel. En travaillant sur la saisonnalité des visites, Evaneos soutient une économie locale indonésienne moins dépendante des pics estivaux.
Séjours plus longs, moins de vols internes : le pari d’un tourisme plus lent
Les nouveaux voyages imaginés avec les agences partenaires encouragent un rythme plus posé, avec davantage de nuits dans chaque région. Cette approche limite les changements d’hébergement, réduit la fatigue des trajets et ouvre du temps pour rencontrer les habitants.
Evaneos incite ainsi à limiter les vols internes, très émetteurs sur des distances courtes. L’objectif affiché repose sur une réduction intensité carbone mesurée par voyageur, en favorisant des transports plus doux lorsque c’est possible. Les itinéraires en Indonésie tendent ainsi vers une durée minimale 12 jours, plus cohérente avec l’éloignement du pays.
Hébergements et activités : viser 50 % de prestataires à impact positif
Le chantier ne porte pas seulement sur les déplacements, mais aussi sur les nuits et les expériences incluses. Evaneos met en avant des hébergements gérés par des locaux, où les revenus circulent dans le village plutôt que de remonter vers de grands groupes internationaux.
Certains séjours intègrent du tourisme communautaire Planeterra, avec des ateliers, randonnées ou repas organisés par des associations de villageois. Pour choisir les partenaires, les équipes appliquent des critères d’impact positif qui incluent la question du bien-être animal Evaneos, excluant par exemple les activités impliquant selfies avec faune captive ou spectacles intrusifs.
100 % d’agences locales certifiées d’ici 2028 : la garantie de suivi sur le terrain
Pour ancrer ces transformations, Evaneos se fixe un objectif clair : d’ici 2028, toutes les agences locales travaillant sur l’Indonésie devront répondre aux mêmes exigences sociales et environnementales, formalisées dans un cadre partagé avec le terrain.
Cette exigence passera par une certification externe reconnue, choisie pour sa rigueur et son adaptation au tourisme. Les agences partenaires indonésiennes bénéficieront de formations, d’outils et d’un accompagnement à la conformité assuré par Evaneos, afin de suivre les progrès année après année et d’ajuster les pratiques si nécessaire.
Mesurer et rendre des comptes : le rapport d’impact annuel et l’appel aux acteurs du secteur
L’entreprise prévoit un suivi public de ce programme consacré à l’Indonésie. Un rapport d’impact détaillé sera publié chaque année, avec des indicateurs sur les flux vers Bali, les émissions liées aux déplacements et la part de prestataires engagés par destination.
Pour amplifier la démarche, Aurélie Sandler et Laurent de Chorivit signent une lettre ouverte sectorielle invitant d’autres voyagistes à rejoindre l’Indonesian Sustainable Tourism Stakeholder Platform, créée en Indonésie. L’objectif consiste à fédérer des partenaires internationaux Evaneos et des acteurs locaux, afin de coordonner les efforts plutôt que multiplier des initiatives isolées.







