À l’approche de la haute saison, l’aéroport international d’Athènes tourne à plein régime. Au cœur des salles de contrôle, la répétition de pannes techniques à Athènes installe une tension sourde parmi les équipes.
Le moindre dysfonctionnement de radar ou de logiciel rallonge les trajectoires, impose des espacements plus larges et érode la confiance des équipages. Au-delà des retards visibles en porte d’embarquement, la question de la sécurité du trafic aérien s’invite dans chaque décision, du décollage retardé au vol dérouté. fragilisant le tourisme et l’économie grecque aujourd’hui.
Une troisième panne en six mois à l’aéroport Elefthérios-Venizélos
Le 19 février, vers 8 h 30, une panne soudaine a frappé l’aéroport Elefthérios-Venizélos. Les écrans des contrôleurs se sont figés, cet incident radar matinal a rappelé deux avaries depuis août, confirmant déjà la troisième nouvelle panne grave en six mois.
Cet aéroport majeur concentre une grande partie du trafic, alors que l’ensemble des aéroports grecs a vu passer plus de 83 millions de passagers en 2025, soit 4,9 % de plus qu’en 2024. Lors de la dernière panne, l’aéroport international d’Athènes a subi une perturbation pendant six heures, bloquant des milliers de voyageurs au départ seulement.
Contrôle aérien sous tension : moins de radars, pas de fréquence radio de secours
Ce matin-là, les contrôleurs grecs ont signalé une soudaine anomalie avec l’un des trois systèmes qui couvrent la région d’Athènes. Le contrôle s’est retrouvé contraint de gérer une perte de contact radar, concentrant les mouvements sur un seul appareil et alourdissant charge.
Les équipes de contrôle ont dû improviser avec des moyens limités, alors que la situation technique restait incertaine et que chaque décision demandait une vigilance accrue. Sans fréquence radio de secours, la gestion du trafic autour d’Athènes s’est faite en procédures de dégradation, écarts et décollages ralentis pour réduire erreurs.
Pièces introuvables et retards d’achats : pourquoi l’équipement reste vétuste
Depuis mai 2024, les techniciens peinent à trouver les composants nécessaires pour réparer les radars et radios du contrôle aérien grec. Cette pénurie de pièces de rechange rares, signalée par l’Association des contrôleurs, nettement allonge chaque intervention et renchérit les opérations.
Un directeur d’aéroport de province décrit des installations vieillissantes depuis plus de dix ans, tandis que l’Agence de l’aviation civile annonce seulement une étude préalable. Cette inertie nourrit des systèmes radars obsolètes, des commandes publiques retardées et une maintenance des équipements rendue complexe, laissant les équipes travailler avec outils proches de l’épuisement.
Retards, déroutements, annulations : la chaîne des perturbations pour les voyageurs
Le 4 janvier, une panne majeure des communications a paralysé l’aéroport d’Athènes et tout l’espace aérien grec pendant plusieurs heures. Les compagnies ont dû improviser, avec des vols retardés en série et une information confuse pour les passagers présents.
À chaque incident, les terminaux se remplissent, les comptoirs d’information saturent et les plans de vol deviennent rapidement illisibles. Le directeur de l’Autorité de l’aviation civile évoque des voyageurs bloqués, des annulations de vols et des déroutements d’avions vers d’autres pays, au Parlement d’un possible « Tempe des airs » rappelant le drame ferroviaire de 2023 et 57 morts.
Les contrôleurs envisagent de réduire les vols pour préserver la sécurité
L’Association des contrôleurs aériens alerte sur les limites atteintes par le système si rien ne change. Selon son président Panagiotis Psaros, la réduction de capacité paraît inévitable, alors que le trafic a encore progressé de 4,9 % en 2025.
Les syndicats insistent sur leur rôle de garants du ciel grec et mettent en avant la protection des passagers plutôt qu’un affrontement social. Avec une hausse de 6,9 % du trafic en janvier 2026 et 34 millions de touristes, leur obligation de sécurité des vols alimente revendications des contrôleurs, la fiabilité des systèmes de contrôle ne suffisant plus pour absorber mouvements.







