Tourisme en chute vers les États‑Unis en 2026 avec l’ESTA et le contrôle des réseaux sociaux

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Les États‑Unis durcissent le passage aux frontières avec l’ESTA et les formulaires en ligne. Les voyageurs découvrent un filtrage minutieux où chaque trace numérique peut devenir un motif de suspicion.

Ce resserrement discret, ajouté aux questions sur les profils en ligne, fait naître un malaise chez les touristes étrangers. Entre conditions d’entrée, extension de l’autorisation électronique à la vie privée, contrôle numérique des réseaux sociaux et montées des inquiétudes des voyageurs, la destination touristique américaine n’est plus vraiment une évidence.

Les nouvelles exigences de l’ESTA sur les réseaux sociaux et les données personnelles

À compter du 8 février 2026, toute personne voyageant aux États‑Unis sous le régime d’exemption de visa devra fournir bien davantage que son passeport. Les voyageurs des 42 pays concernés, dont la France, devront déclarer tous les profils utilisés sur les réseaux sociaux pendant les cinq dernières années, ainsi que les principaux pseudonymes associés.

Les nouvelles procédures prévoient en parallèle jusqu’à dix ans d’adresses e‑mail, cinq ans de numéros de téléphone et des renseignements détaillés sur certains membres de la famille. Les autorités entendent relier les identifiants de comptes fournis à l’historique en ligne déclaré dans les nouveaux formulaires ESTA, et y adjoindre, dans certains cas, des données biométriques et des métadonnées associées aux photos.

Un climat sécuritaire renforcé qui inquiète les voyageurs et les professionnels

Les autorités américaines présentent la lutte contre le terrorisme et la prévention des menaces comme justification de ces contraintes d’entrée. Ce durcissement prolonge une série de politiques sécuritaires adoptées depuis des années, du renforcement des contrôles aux frontières à l’analyse automatisée des données de voyage. Pour beaucoup de voyageurs, l’ensemble de ces mesures nourrit une perception de surveillance accrue autour d’un séjour aux États‑Unis.

L’Association américaine du voyage signale que ces règles risquent de freiner la demande, certains scénarios parlant de 4,7 millions de visiteurs internationaux en moins et d’une baisse d’environ 23 % pour certaines catégories. Le World Travel & Tourism Council critique la combinaison de coûts supplémentaires, de formalités complexes et de contrôles numériques intrusifs, qui détériore l’image du pays par rapport à des destinations jugées plus accessibles.

Chiffres 2025 : un recul déjà marqué du tourisme international aux États‑Unis

Une étude Ipsos menée fin 2025 indique que 57 % des Français qui prévoyaient un voyage aux États‑Unis en 2026 hésitent désormais à concrétiser ce projet. Le durcissement des conditions d’entrée, associé à la collecte d’identifiants de réseaux sociaux, renforce un sentiment d’intrusion chez de nombreux voyageurs européens, qui y voient davantage un climat de forte suspicion qu’une garantie supposée de sécurité.

Les voyagistes interrogés par Travel and Tour World décrivent la même évolution au Canada, au Royaume‑Uni, en Allemagne et d’autres grands marchés émetteurs. Entre les nouvelles contraintes administratives liées à l’ESTA, la crainte de voir leurs profils numériques passés au crible et le coût du séjour en hausse, de nombreux clients préfèrent le Canada, le Japon ou certains pays d’Amérique latine jugés plus accueillants.

Pourquoi les Français et les Européens renoncent de plus en plus aux séjours américains

L’année 2025 a confirmé un net ralentissement du tourisme international vers les États‑Unis. D’après le National Travel and Tourism Office, les visiteurs étrangers auraient reculé d’environ 6 à 7 %, pour un total voisin de 70 millions de touristes, très loin des 77 millions espérés. Ces chiffres contrastent avec un marché touristique mondial déjà pleinement revenu aux niveaux d’avant‑Covid.

Les autorités américaines tirent un signal d’alarme pour la fin d’année. Les dernières statistiques de fréquentation publiées pour décembre 2025, période habituellement porteuse pour les séjours urbains et les achats de Noël, font état de 3,2 millions de visiteurs internationaux, soit une baisse des arrivées d’environ 8 % par rapport aux dernières années, au profit de destinations concurrentes jugées plus accessibles et plus abordables pour eux.

Entre grands événements sportifs et image écornée, un équilibre difficile à trouver

Les États-Unis misent sur l’organisation de grands rendez-vous sportifs pour relancer un tourisme fragilisé par les nouvelles règles de l’ESTA et la surveillance des réseaux sociaux. Dans ce calendrier chargé, la coupe du monde 2026 devient un test grandeur nature pour l’attractivité du territoire, car chaque contrôle supplémentaire à la frontière nourrit le débat sur le rapport entre sécurité, liberté de circulation et accueil des visiteurs.

Les offices de tourisme locaux et les grandes chaînes hôtelières redoutent pourtant que l’image de « pays sous haute surveillance » ne prenne le dessus sur la fête sportive, avec un impact direct sur les réservations, les tournées de supporters et les voyages familiaux. Pour eux, ces rendez-vous n’ont de sens que si les enjeux économiques s’accordent avec un arbitrage sécurité-tourisme jugé acceptable.

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