Ryanair annule son plan de coupes à l’aéroport de Charleroi après l’abrogation par le gouvernement wallon de la taxe aérienne locale, préservant pour 2026 un programme estival déjà sous haute tension.
Les 7,5 millions de sièges annoncés pour l’été 2026 confirment encore Charleroi comme pivot central du réseau belge de la compagnie irlandaise. Derrière cette prospérité apparente, le trafic de passagers à Charleroi reste exposé aux décisions politiques, tout comme le programme d’été 2026 de Ryanair, bousculé par la concurrence des autres compagnies low cost et par une fiscalité aérienne belge jugée instable par les acteurs du secteur.
Un revirement wallon qui sauve le programme estival de Ryanair
Au début de 2026, Ryanair confirme qu’elle maintiendra son programme d’été à l’aéroport de Bruxelles‑Charleroi. Cette continuité fait suite à la décision du gouvernement wallon de retirer une surtaxe de 3 euros par passager au départ, prévue pour avril 2026 et associée à des réductions annoncées du trafic à Charleroi.
Brussels South Charleroi Airport jugeait la mesure initialement envisagée régressive pour la plate‑forme et pour l’accessibilité aérienne de la Wallonie. Selon ses chiffres, cette taxe municipale abandonnée aurait généré 16,8 millions d’euros par an, dépassant un bénéfice avant impôt estimé déjà à 13 millions.
Ce que représente la hausse de 9 % de l’offre à Charleroi
Pour l’été 2026, Ryanair programme 7,5 millions de sièges au départ de Bruxelles‑Charleroi, soit une hausse de 9 % par rapport à la saison estivale 2025. Ce volume illustre une croissance de la capacité en sièges qui renforce le rôle de passerelle de la base carolorégienne vers l’Italie, l’Espagne et destinations d’Europe centrale.
Le nouveau programme regroupera 112 routes au départ de Charleroi, couvrant un large éventail de destinations loisirs et affaires. Ces nombreuses liaisons directes européennes consolidant le hub low cost de Charleroi devraient renforcer l’impact sur l’emploi local, via des postes dans l’aéroport, la maintenance et les commerces proches.
Un aéroport sous pression face aux taxes et à la concurrence européenne
À Brussels South Charleroi Airport, le projet de taxe municipale de 3 euros par passager, voté par la Ville de Charleroi pour avril 2026, a été abandonné après la fronde de Ryanair. Les calculs de BSCA montraient qu’un tel prélèvement aurait représenté 16,8 millions d’euros par an, soit plus que le bénéfice avant impôt estimé à 13 millions, alors que l’été 2026 proposera 7,5 millions de sièges, en hausse de 9 % sur 2025.
Charleroi doit composer avec des plateformes agressives sur le créneau low cost. La rentabilité aéroportuaire de BSCA risque d’être fragilisée par la montée de la concurrence aéroports européens, qu’il s’agisse de hubs régionaux ou de Bruxelles‑Zaventem, attentive aux mouvements de Ryanair.
La bataille de Ryanair contre la fiscalité fédérale sur les billets d’avion
Ryanair garde le gouvernement fédéral belge dans son viseur, qu’elle accuse de pénaliser la croissance du trafic aérien. La taxe fédérale sur billets, fixée à 2 euros par passager en 2025 puis portée à 10 euros à partir de 2027, cristallise les critiques de la compagnie.
Le transporteur prévient que la pression fiscale pourrait le pousser à revoir son ancrage en Belgique à long terme. Une hausse prélèvements passagers trop forte se traduirait par des menaces réduction capacité : retrait de cinq avions basés à Charleroi, suppression de 1,1 million de sièges en 2026 puis encore 1,1 million en 2027, fermeture d’une vingtaine de routes dès l’hiver 2026‑2027 et risque pour des milliers d’emplois à Charleroi et à Zaventem.







