Le Japon a franchi un seuil inédit pour le voyage international en 2025. Porté par un afflux de visiteurs étrangers, l’archipel a dépassé, pour la première fois, la barre des 40 millions d’entrées.
Ce succès n’efface pas les secousses de fin d’année, quand les arrivées en provenance de Chine ont fortement reculé sur fond de tensions diplomatiques. Dans les quartiers commerçants, un yen faible a rendu hôtels, restaurants et trains plus abordables. Selon les chiffres 2025 tourisme, le pays signe un record de fréquentation à 42,7 millions, et la saturation se lit déjà aux heures de pointe dans des sites.
Yen affaibli, séjours moins chers : un moteur clé de l’affluence
Les 42,7 millions d’entrées étrangères comptabilisées en 2025, contre 36,8 millions en 2024, doivent beaucoup au portefeuille des visiteurs. Avec une monnaie affaiblie, payer un hôtel à Tokyo ou un billet de Shinkansen pèse moins lourd dans la devise d’origine.
Cette situation alimente un arbitrage simple : rester plus longtemps ou ajouter une étape à Kyoto, Osaka ou Sapporo. Pour les réservations, le taux de change du yen soutient un pouvoir d’achat voyageurs plus élevé, qui se traduit par des séjours à moindre coût sans rogner sur les visites.
Le recul spectaculaire des visiteurs chinois et ses raisons géopolitiques
Le tableau s’assombrit pour la clientèle chinoise, dont le retour était attendu après la pandémie. La baisse en décembre atteint 45% sur un an, à 330.000 arrivées, un choc visible dans les quartiers commerçants de Tokyo.
Les relations bilatérales se sont tendues après des propos de la Première ministre Sanae Takaichi, en novembre, sur une intervention liée à Taïwan. Dans ce climat, les tensions Tokyo Pékin ont été suivies, une semaine plus tard, d’un avertissement aux ressortissants chinois évoquant des risques de sécurité. Sur neuf mois, 7,5 millions de visiteurs chinois (+42%) avaient pourtant afflué et dépensé 3,3 milliards d’euros au 3e trimestre ; cet arrêt crée un impact pour agences touristiques, Nihongyodaiba Kokusai Ryoko parlant de -90% de ventes.
Europe, États-Unis et Australie en renfort, selon le ministre Yasushi Kaneko
Le ministre des Transports Yasushi Kaneko souligne que le record de 42,7 millions en 2025 ne repose pas sur un seul pays. Les arrivées venues d’Europe, des États-Unis et d’Australie ont progressé, tenant la barre quand la Chine s’est tassée en fin d’année.
Le renfort s’explique par une meilleure offre aérienne et par des itinéraires multi-villes. La hausse des marchés occidentaux passe par des vols long-courriers plus remplis, et par des dépenses des voyageurs européens orientées vers l’hôtellerie et la restauration.
Objectif 60 millions d’ici 2030, mais un secteur déjà sous tension
Après 36,8 millions de visiteurs en 2024 puis 42,7 millions en 2025, l’État garde le pied sur l’accélérateur. L’objectif 60 millions 2030 est posé comme cap, avec l’idée d’étaler les voyages sur l’année et au-delà des grandes métropoles.
Sur le terrain, les contraintes se voient déjà dans les gares, les bus et les hôtels des zones les plus fréquentées. La capacité d’accueil urbaine devient un point de friction, entre manque de personnel et hausse des prix, ce qui pousse les autorités à travailler sur des alternatives régionales.
Surtourisme en vue ? Taxes de séjour et quota au mont Fuji pour réguler
L’affluence record ravive le débat sur le trop-plein dans quelques lieux emblématiques, de Kyoto à certains quartiers de Tokyo. Pour financer propreté et transports, plusieurs municipalités renforcent des taxes de séjour urbaines, tout en cherchant à mieux répartir les arrivées selon les saisons.
Le mont Fuji sert de test grandeur nature depuis l’instauration d’un droit d’accès et d’un contrôle des entrées. Le quota journalier mont Fuji vise à réduire les embouteillages sur les sentiers et, plus largement, à améliorer la gestion des flux touristiques sans fermer la porte aux voyageurs.







