Portée par la grande vitesse, la SNCF signe un nouveau record, avec 1,8 milliard d’euros de bénéfices. Ces résultats financiers solides contrastent avec l’image d’un service public sous pression tarifaire pour beaucoup de voyageurs.
Les trains à grande vitesse affichent des taux de remplissage élevés, avec des billets parfois jugés prohibitifs et des voyageurs entassés aux heures de départ les plus demandées. Dans ce groupe ferroviaire français, le bénéfice net annuel relance les questions sur l’usage de cette manne aux yeux de tous.
Le TGV, pilier des résultats avec une activité voyageurs en hausse
Grâce à la vigueur des trains à grande vitesse, la SNCF affiche pour la cinquième année de suite un bénéfice net de 1,8 milliard d’euros. Pour SNCF Voyageurs, le chiffre d’affaires voyageurs progresse encore de 3 %, pour atteindre 20,8 milliards d’euros en 2025, porté par les TGV domestiques et internationaux. Laurent Trevisani, directeur financier du groupe, souligne que l’activité voyageurs tire vers le haut l’ensemble des comptes du groupe ferroviaire sur l’année écoulée entière.
Cette dynamique de demande profite aux liaisons TGV les plus fréquentées. Elle renforce la rentabilité des services voyageurs et fait progresser les recettes des TGV, grâce à des rames remplies qui permettent de contenir pression concurrentielle et d’amortir coûts liés au lancement d’offres nouvelles.
Affluence record et taux de remplissage : quand la fréquentation fait la différence
L’été dernier, les TGV de la SNCF ont transporté un volume de voyageurs, puis la demande est restée soutenue à l’automne sur les axes. Cette situation se traduit par un taux d’occupation record des rames, avec davantage de sièges vendus lors de chaque circulation.
Patricia Pérennes, du cabinet Trans‑Missions, rappelle que, qu’il y ait un ou mille passagers à bord, un TGV supporte quasiment les mêmes charges d’exploitation. Ces coûts de fonctionnement fixes rendent les trains très remplis comparables à de véritables machines à cash. Eurostar signale ainsi une hausse de fréquentation de 1,8 %, sur ses lignes, tandis que Ouigo España devient rentable après cinq ans grâce à un bond de 44,3 % du nombre de voyageurs.
Des bénéfices réinvestis dans un réseau vieillissant et du matériel neuf
Les résultats positifs ne sont pas distribués aux actionnaires, la SNCF choisit de les consacrer à son outil industriel. Un programme de modernisation du réseau est ainsi engagé, avec 11 milliards d’euros alloués à l’investissement dans les voies et à la remise à niveau des infrastructures vieillissantes.
La filiale SNCF Réseau, qui gère près de 28 000 kilomètres de rails en France, profite de ces moyens. Ses revenus tirés des péages ferroviaires atteignent 8,4 milliards d’euros, en hausse de 4,8 %, tandis que l’achat de matériel roulant neuf soutient la qualité de l’offre et la régularité des liaisons.
Concurrence régionale et fret en retrait, les points de tension du groupe
Sur les dessertes régionales, la SNCF voit arriver de nouveaux opérateurs dans les Hauts‑de‑France, autour de Reims et sur d’autres territoires. Cette ouverture à la concurrence se concrétise par la victoire de Transdev sur la ligne Marseille‑Nice, même si l’opérateur historique a remporté quatre lots sur cinq lors des récents appels d’offres régionaux.
Les performances restent fragiles pour le fret, pénalisé par les vents contraires sur les échanges mondiaux et par une demande industrielle moins soutenue. Le transport de marchandises affiche des ventes en recul, tandis que les lignes Intercités voient leur trafic diminuer de 1 % à cause des travaux menés sur l’axe Paris‑Orléans‑Limoges‑Toulouse.







