Après un mois de blocage des aérodromes, Air Calédonie engage une procédure collective

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Air Calédonie entre dans une séquence décisive après près d’un mois d’arrêt forcé, tandis que la desserte intérieure s’effrite en Nouvelle-Calédonie et que chaque journée d’immobilisation ferme un peu plus l’horizon local.

Vendredi, la compagnie a saisi la justice pour gagner un court répit financier. Derrière cette décision, le blocage des aérodromes a précipité la procédure de sauvegarde devant le tribunal de commerce sur fond de débat brûlant autour de la continuité territoriale et d’une trésorerie presque épuisée désormais dans l’archipel tout entier. Plus rien ne protège.

Une trésorerie à bout après un mois d’immobilisation

En Nouvelle-Calédonie, Air Calédonie a acté vendredi l’ouverture d’une procédure collective après près d’un mois d’arrêt. Depuis le 2 mars, le blocage des aérodromes prive la compagnie de recettes, et le conseil d’administration a voté cette issue à l’unanimité face à une trésorerie épuisée.

Le dispositif doit suspendre la pression la plus immédiate sur les comptes. Il passe par un gel des dettes, une période d’observation devant le tribunal de commerce et, si le trafic reprend, par le soutien des actionnaires.

Pourquoi le transfert vers La Tontouta a cristallisé la contestation

Le point de crispation tient au départ annoncé de Magenta, à Nouméa, vers l’aéroport international situé à La Tontouta, à une quarantaine de kilomètres. Pour la direction, ce basculement promettait près de 4 millions d’euros d’économies par an et une organisation plus cohérente avec l’arrivée de voyageurs extérieurs.

Sur les îles Loyauté et à l’île des Pins, la colère a grandi bien avant le blocage. Des collectifs d’usagers ont contesté le transfert vers La Tontouta, redoutant un temps de trajet plus long jusqu’à l’aéroport et une hausse des tarifs pour des habitants très dépendants des liaisons intérieures.

La compagnie avait déjà vendu un avion et supprimé 38 % de ses effectifs

Cette procédure ne surgit pas de nulle part. Avant cette nouvelle secousse, Air Calédonie avait déjà engagé une vente d’un avion et taillé dans ses effectifs, avec 38 % de postes supprimés ; la compagnie compte encore 220 salariés, signe d’un redressement lancé bien avant mars.

À la mi-mars, la moitié du personnel se trouvait en chômage partiel. La baisse de fréquentation pèse toujours, avec 180 000 passagers transportés en 2025 pour 300 000 visés, sur fond de violences en 2024 et de crise économique durable en Nouvelle-Calédonie.

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