Ryanair referme le comptoir à Clermont-Ferrand et laisse un hall de départ derrière elle. Sous la pression des taxes, le trafic aérien régional vacille après le départ de Ryanair de Clermont-Ferrand, fragilisé.
Les destinations européennes disparaissent du tableau d’affichage et réduisent brutalement l’ouverture de l’Auvergne. La fermeture de lignes internationales affaiblit l’attractivité économique, tandis que l’impact sur les passagers auvergnats se traduit par des détours coûteux via Lyon ou Paris et par un sentiment d’abandon chez de nombreux habitants.
Une hausse des taxes qui précipite le départ de Ryanair
Le 25 janvier 2025, la direction de l’aéroport de Clermont-Ferrand a confirmé que Ryanair mettrait fin, le 27 mars, à ses liaisons vers Londres, Porto et Fès. La compagnie low-cost met en avant le renchérissement brutal des taxes et de la fiscalité du transport aérien pesant sur les billets les moins chers.
Depuis la taxe dite Chirac, puis avec la loi de finances 2025, la contribution unitaire prélevée sur chaque billet a été fortement relevée, y compris pour les trajets court-courrier. Les hausses liées à la taxe de solidarité aérienne déclenchent une réaction des compagnies low-cost : Ryanair assume sa décision de retrait de France lorsque ses marges sur des billets à 25 ou 30 euros s’amenuisent.
Un coup dur pour l’aéroport de Clermont-Ferrand et l’économie locale
Pour l’aéroport de Clermont-Ferrand Auvergne, qui voyait Ryanair représenter près de 40 % de son activité, l’arrêt des vols vers Londres, Porto et Fès à compter du 27 mars 2025 vide brutalement le programme de la saison printemps‑été. Cette rupture provoque une baisse du trafic de passagers qui interroge sur la fragilité des aéroports régionaux dépendants d’un seul opérateur dominant.
Autour de la plate-forme, hôteliers, loueurs de voitures et restaurants redoutent déjà l’effet domino. Les élus locaux rappellent que les retombées économiques locales d’une base Ryanair dépassent le seul aéroport, et que l’accessibilité internationale de Clermont conditionne aussi l’attractivité de Michelin, du rugby professionnel et des grands événements accueillis en Auvergne.
Le rapport de force de Ryanair avec la France et les aéroports régionaux
Ryanair transporte près de 200 millions de passagers par an en Europe, soit environ trois fois plus que le groupe Air France‑KLM. Ce gabarit donne à la compagnie une agilité certaine : ses avions sont déplacés d’une base à l’autre selon le rendement, ce qui renforce le pouvoir de marché de la compagnie face aux plateformes régionales.
À Clermont-Ferrand comme à Bordeaux ou Marseille, la méthode est désormais bien connue : Ryanair annonce l’abandon de routes dès que la fiscalité lui paraît trop lourde. Cette menace de fermeture de lignes pèse sur les négociations avec le gouvernement français, car tout repose sur un modèle ultra low-cost capable de se redéployer vers d’autres pays en quelques semaines.
Nouvelles compagnies, subventions, lignes menacées : l’équilibre fragile du modèle low-cost régional
Depuis l’annonce du départ de Ryanair, les gestionnaires de Clermont-Ferrand examinent toutes les options pour sauver les liaisons vers Londres, Porto et Fès. Parmi les scénarios évoqués figure l’arrivée éventuelle de Volotea, voire d’autres compagnies comme Chalair, mais avec des avions plus petits et des fréquences réduites, ce qui modifierait fortement l’offre actuelle.
Les aéroports de Brive, Strasbourg ou Clermont-Ferrand reposent déjà sur un fort soutien financier des collectivités, via subventions marketing et ristournes de redevances. Cette fragilité pose la question de la pérennité des dessertes européennes opérées par les low-cost et, plus largement, de l’avenir des aéroports subventionnés face aux arbitrages budgétaires et aux exigences environnementales croissantes.







