À Bangui, la nouvelle a coupé court aux habitudes des voyageurs et des entreprises. Air France met fin au vol direct Paris Bangui, laissant l’aéroport M’Poko sans accès européen sans escale.
Le trajet se fragmente, les délais s’étirent, la correspondance devient la norme. Les passagers passeront par des correspondances via Yaoundé, avec davantage d’attente, des contrôles à l’escale et des tarifs plus élevés. À Bangui, ce retrait est lu comme un signal diplomatique, au-delà d’un arbitrage de flotte dans le réseau africain d’Air France, sur fond de sûreté et de coûts opérationnels. Point.
Entre impératifs économiques et contraintes de sécurité, pourquoi la ligne directe s’arrête
La desserte directe Paris–Bangui d’Air France s’achèvera après la rotation du 31 janvier, et le vol du samedi disparaît des réservations dès le 1er février. La compagnie renvoie, en interne, à la rentabilité des lignes africaines et à une demande jugée trop fragile cette saison.
D’après RFI et Jeune Afrique, le faible remplissage, des taxes locales élevées et le coût du carburant pèsent sur une exploitation en Boeing 787-9. Le temps de vol a aussi dérivé avec l’interdiction de survol du Niger, sur fond de risques régionaux et d’alertes européennes visant certains espaces aériens sahéliens, ce qui renchérit la rotation et complique l’équation.
À Bangui, indignation et tensions diplomatiques autour d’un lien symbolique avec Paris
À Bangui, la fin du seul vol direct vers l’Europe a provoqué une demande d’explications adressée à l’ambassadeur de France. Dans les propos repris par la presse locale, les réactions à Bangui dénoncent un geste perçu comme politique et rappellent la charge du lien aérien.
Des proches de Faustin-Archange Touadéra assurent que le dossier est remonté jusqu’à l’Élysée. Ils parlent d’une indignation présidentielle et notent qu’Air France, privée, compte 28 % de l’actionnariat de l’État français. Des diplomates jugent le signal en décalage avec la feuille de route bilatérale d’avril 2024, signée à Paris, pour relancer la coopération.
Conséquences pour les voyageurs, correspondances à Yaoundé et perte d’accès direct à Roissy
Dès février, le trajet reposera sur des correspondances : Air France maintient Paris–Yaoundé, puis une connexion vers Bangui les mardi et jeudi avec Afrijet FlyGabon. Sur le terrain, la liaison via Yaoundé devient la porte d’entrée, au prix de nouvelles attentes et d’horaires parfois contraints selon les disponibilités locales.
Pour les passagers, la rupture se mesure à l’arrivée : plus de transit, des formalités supplémentaires et le risque de rater une correspondance. La perte de l’accès direct à Roissy-Charles-de-Gaulle s’accompagne d’un temps de trajet rallongé, lié au passage par le Cameroun et aux détours imposés par certaines restrictions de survol en Afrique de l’Ouest parfois.







