Club Med ne se contente plus d’ajuster son parc, le groupe veut accélérer et donner plus d’ampleur à sa carte mondiale. Sa montée en gamme sert désormais de base à ce développement international.
Le cap affiché tranche par sa netteté. À l’horizon 2035, l’objectif de 100 villages prend forme avec des ouvertures en 2026 en Afrique du Sud et à Bornéo. La relance n’a plus rien d’un test, elle engage déjà toute la suite, partout.
Un nouveau cap après la montée en gamme
En juillet 2025, Club Med a installé Stéphane Maquaire à sa tête et fixé un horizon clair : atteindre 100 villages en 2035. Cette ambition s’inscrit après vingt ans de montée en gamme, qui ont ramené le parc d’environ 120 resorts à une soixantaine, avec une identité plus lisible et des standards mieux affirmés.
Lors de sa première prise de parole, le dirigeant a détaillé la suite du projet. Il a décrit un nouveau chapitre pour la marque. Sous la présidence de Stéphane Maquaire, le groupe veut convertir ce socle en croissance, avec une visibilité internationale accrue et des ouvertures capables d’élargir son empreinte au-delà de ses bastions historiques.
La Méditerranée revient au centre des priorités
Club Med replace la Méditerranée au sommet de ses projets d’expansion. La logique est limpide : le nom de la marque reste lié à ce bassin, et le groupe veut renouer avec ce territoire fondateur, là où son image conserve un fort pouvoir d’évocation auprès des voyageurs européens comme des clientèles plus lointaines.
Cette orientation cible d’abord les zones les plus recherchées du bassin. Elle vise les destinations méditerranéennes portées par la demande des clients pour des séjours soleil. Le groupe cite l’Italie et l’Espagne parmi les pistes étudiées, avec une attention marquée pour le bord de mer, où son offre reste plus rare qu’en montagne.
En France, la mer et la montagne dans le viseur
Sur le marché français, la piste la plus avancée mène à un retour sur le littoral. Club Med travaille sur l’ancien site des Portes du Roussillon, à Port Barcarès, dans les Pyrénées-Orientales, afin de renforcer une présence balnéaire encore limitée alors que l’attrait pour les séjours en bord de plage ne se dément pas.
La montagne demeure l’autre axe de prospection. Le groupe regarde des stations françaises où il n’est pas implanté, avec des possibilités sur plusieurs domaines skiables capables d’accueillir de nouveaux villages, en hiver comme l’été, selon l’évolution des dossiers fonciers et des accords locaux encore à consolider.
KwaZulu-Natal, premier ancrage du Club Med en Afrique du Sud
La première implantation sud-africaine prendra forme en juin 2026, dans le KwaZulu-Natal, sur la façade orientale du pays. Le village s’installera sur la côte des dauphins, face à l’océan Indien, une zone connue pour ses plages longues, sa douceur climatique et son ancrage très fort dans les loisirs nautiques.
Le programme annoncé s’annonce très dense. Club Med y prévoit 345 chambres, trois restaurants, cinq bars, quatre piscines et 24 activités sportives. Parmi elles figurera une école de surf, présentée comme une première pour la marque dans ce pays où la glisse occupe déjà une place marquée sur le littoral.
Un lodge safari pour prolonger le séjour dans la savane
Le séjour sud-africain doit se prolonger par une parenthèse dans la brousse, à environ 4 h 30 de route du futur village. Club Med adossera ce programme au Vikela Safari Lodge, établi dans une réserve privée de 18 000 hectares, afin de relier plage et safari au sein d’une même proposition de voyage.
L’adresse doit rester de taille contenue. Elle comptera 75 tentes de luxe, avec des unités familiales accessibles dès 4 ans et un espace réservé aux adultes. La formule intégrera deux safaris inclus, sur deux ou trois jours, pour prolonger l’expérience balnéaire par une immersion directe dans la faune sud-africaine.
À Bornéo, un village isolé au bord d’une plage sauvage
À Bornéo, Club Med prépare une ouverture prévue pour novembre 2026 sur un site très isolé. Le projet met en avant la nature indonésienne et une plage de 5 kilomètres, sans autre hôtel dans un rayon de 80 kilomètres, loin des pôles touristiques les plus denses de cette partie de l’Indonésie.
Ce village de 400 chambres proposera près d’une vingtaine d’activités. Les sorties valoriseront la forêt tropicale, avec des balades guidées, et du kayak dans la mangrove, pour découvrir un environnement côtier encore préservé, entre rivage sauvage, eaux calmes et biodiversité remarquable dans une zone restée peu construite.
Des espaces zen pour adultes, sans renoncer aux familles
Club Med étend ses zones réservées aux adultes sans renier son ADN familial. Déjà vues à Punta Cana, ces oasis zen gagnent du terrain ; en Martinique, une extension annoncée pour cette année ajoutera 56 chambres et suites, avec piscine dédiée, pour capter l’envie de vacances entre adultes.
La marque conserve en parallèle ses espaces pour tribus et jeunes voyageurs. À Cancun, la future oasis famille réunira 120 chambres, une piscine, un water-park et la zone Game Factory, tandis que les clubs enfants, de 4 mois à 17 ans, restent au cœur de l’offre proposée dans les villages du groupe.
Réservations solides malgré 1 000 clients rapatriés
Les tensions géopolitiques n’ont pas épargné Club Med. Sans village dans la zone, le groupe a dû gérer la crise au Moyen-Orient et rapatrier 1 000 clients bloqués dans plusieurs pays, une opération prise à sa charge qui a pesé sur la séquence récente et mobilisé fortement ses équipes.
Les indicateurs commerciaux restent pourtant bien orientés. La clientèle internationale pèse 75 % des 1,4 million de clients accueillis en 2025. Stéphane Maquaire souligne que 80 % des ventes déjà réalisées plaçaient la marque en avance, alors que les tendances hivernales positives pour 2026-2027 dépassaient le niveau observé un an plus tôt.







