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L’ONU réclame à la France une enquête sur « l’usage excessif de la force » contre les « Gilets jaunes »

La France, « patrie des droits de l’Homme » ?

AFP/Alain Jocard

Depuis le début du mouvement des « Gilets jaunes », l’Inspection générale de la Police nationale (IGPN) a été saisie d’une centaine de cas d’accusations de violences policières. Plus de douze cas des Hauts-de-France ont été remontés aux Nations Unies.

Mercredi, la Haut-Commissaire aux droits de l’homme de l’ONU a réclamé à la France une « enquête approfondie » sur les violences policières qui se seraient produites pendant les manifestations des « Gilets jaunes » depuis la mi-novembre.

Nous encourageons le gouvernement français à poursuivre le dialogue et demandons urgemment une enquête approfondie sur tous les cas rapportés d’usage excessif de la force
— Michelle Bachelet dans un discours prononcé devant le Conseil des droits de l’homme à Genève.

Les manifestants « réclament un dialogue respectueux et de vraies réformes. Et pourtant, dans plusieurs cas, ils sont accueillis par un usage violent et excessif de la force, par des détentions arbitraires, des tortures et même selon certaines informations des exécutions extra-judiciaires », a-t-elle déploré.

Michelle Bachelet a rappelé que « les inégalités touchent tous les pays » et que « même dans des États prospères, des gens se sentent exclus des bénéfices du développement et privés de droits économiques et sociaux ».

Elle a placé la France au même niveau que le Soudan, le Zimbabwe et Haïti, où des répressions violentes de manifestations se sont produites récemment.

Interrogé sur la demande d’enquête de l’ONU, le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a réagi : « Lorsque l’ONU s’exprime, la moindre de choses c’est de l’écouter. »

On a toujours été extrêmement clairs (…), à chaque fois que cela est nécessaire, des enquêtes ont été lancées notamment par l’Inspection générale de la police nationale [avec] 162 enquêtes ouvertes à la date du 1er mars.

Les lanceurs de balles de défense (LBD) sont dans le viseur.

Plusieurs manifestants ont été blessés par des tirs de LBD, une arme qui suscite de vives controverses en France. Les LBD, des armes intermédiaires, sont notamment dans le viseur des associations de défense des droits de l’Homme et du Conseil de l’Europe qui ont réclamé ces dernières semaines la suspension de leur usage.

Pourtant, le Conseil d’État a pour sa part validé le 1er février leur usage et débouté ses opposants.